Je l'ai vu arriver de loin. Je ne sais pas, sa démarche peut-être, un peu nonchalante, ou les pans de son manteau qui prenaient l'aisance devant lui...Bref j'était à vingt mètres de lui et je savais déja que je ne le raterais pas.
Ca n'as pas loupé, arrivé à ma hauteur, je le vois me regarder. Je lui décoche un sourire mutin, genre flèche de Cupidon mais en plus reservé.
Il me sourit aussi.
En passant mon chemin, je continue de sourire, je pense à La Passante de Baudelaire (déjà avec Sagan tout à l'heure, vous aurez compris que j'ai ce qu'on appelle des reférences littéraires !!!) Je marche moins vite car j'essaye de me souvenir...Longue, mince, en grand deuil...après je sais plus...après...Une femme passa, d'une main fastueuse, soulevant, balançant le feston et l'ourlet...et à la fin...Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais.
A chaque fois, ça m'achève.
Et pendant ce temps-là, divine candeur, je sens le regard de mon saint Sébastien (rapport à la flèche, eh ! Il faut suivre hein !?) toujours dans mon dos. Ca me chauffes délicieusement les omoplates mais plutot crever que de me retourner, ça gâcherait le poème.